Las Entretiens de Fuerteventura Magazine
“Les nouveaux projets peuvent changer la physionomie de l’économie insulaire et générer des centaines d’emplois”
octobre 2020

Eduardo Pereira González – Directeur du Parc Technologique de Fuerteventura

“Les nouveaux projets peuvent changer la physionomie de l’économie insulaire et générer des centaines d’emplois”

Il y a 10 ans, le Cabildo de Fuerteventura a pris l’initiative de créer un Parc Technologique et de nombreux habitants ne sont pas au fait de l’évolution de ce projet. Pour comprendre et en savoir un peu plus, nous avons rencontré le directeur du Parc Technologique, Eduardo Pereira.

Que pouvez-vous nous en dire?

On m’a proposé de diriger ce projet et j’ai eu envie de m’embarquer dans cette aventure que j’ai prise dès son départ. Ce fut une très bonne expérience de mettre tous les éléments en place malgré les difficultés. Nous avons eu les fonds et, en 2015, les travaux de construction étaient terminés avec les infrastructures qu’on peut voir maintenant.

Parlez-nous de vous…

Je suis né en Galice, je suis ingénieur aéronautique et depuis toujours, je me suis dédié à diriger des aéroports. Tout d’abord, en Galice et ensuite 12 ans à Fuerteventura. Au début, j’avais mes doutes sur l’idée d’un Parc Technologique sur l’île, tout comme de nombreuses personnes qui n’y croyaient. Maintenant, je n’ai plus de doute, parce que je me suis rendu compte de l’utilité de l’instrument que nous avons entre nos mains.

À qui appartiennent les locaux?

Ils appartiennent au Cabildo de Fuerteventura et au Gouvernement des Canaries, mais avec un seul organe de direction dont je m’occupe. À présent, il y a 25 entreprises implantées dans le Parc. Ce bâtiment est presque complet et nous sommes en train de travailler sur la création de deux autres sur le terrain du Parc et une troisième est en étude.

Et au niveau politique, vous sentez-vous soutenu?

Oui, je dois souligner que nous avons toujours bénéficié du soutien de tous les partis politiques, car tout le monde sait que c’est un projet difficile, mais qui représente un grand avenir pour l’île.

Les parcelles sont-elles louées ou vendues?

Elles sont louées pour 20, 30 ou 40 ans avec une garantie pour la période établie, de façon que s’ils partent avant, nous puissions récupérer notre investissement, mais nous ne les vendons pas. Une autre facette de notre activité est de servir d’agent insulaire pour diverses choses : attraction des investissements, obtention de fonds, modernisation, innovation, soutien aux entrepreneurs, etc., et ces facettes sont celles que nous développons en ce moment. Le plus important est de faire en sorte que Fuerteventura diversifie son économie. C’est une chose qui est compliquée puisque l’île n’a pas de tissu industriel, au-delà de la construction et du tourisme et il n’y a pas de culture établie sur l’île de l’innovation et du développement. Grâce aux présentations que nous avions faites à diverses sociétés, nous commençons à être en contact avec des sociétés publiques d’autres communautés autonomes qui nous ont donné une vision réelle de ce qui existe déjà et notamment avec l’Agence d’Innovation de Galice. Il y a eu une transformation économique en Galice suite à la fermeture de certaines des industries majeures. Ils y développent un programme de technologie des drones et dans un coin perdu de Lugo, à Las Rozas, ils ont créé un village technologique qui a débuté il y a 6 ans et qui est maintenant impressionnant à voir. La Xunta investit environ 100 millions d’euros qui viennent de fonds internationaux, européens, espagnols et des fonds propres. Nous avons démarché surtout des entreprises du secteur spatial et de l’informatique, qui est celui avec lequel j’avais déjà des affinités. De plus, avec l’aide de Manuel Miranda, directeur de l’Agence des Canaries de la Recherche, Innovation et Société de l’Information, beaucoup de portes nous ont été ouvertes. Nous avons découvert comment obtenir des fonds en Europe en présentant de bons projets, qui avaient une légitimité dans les Îles et non dans d’autres lieux avec les mêmes compétences.

Avez-vous déjà un projet?

Oui, nous avions un projet, Canarias Geo Innovation Program 20-30 qui avait été présenté à Madrid en 2018, avec tous les acteurs principaux des îles présentes et par le ministre Pedro Duque qui était mon camarade de classe et qui avait attiré plusieurs industries, nous avions plus de 200 entreprises d’inscrites. Nous avions remodelé le programme en fonction des idées données par les entreprises qui étaient intéressées de travailler directement avec nous. Nous pensons que les nouveaux projets peuvent changer la physionomie de l’économie insulaire et générer des centaines d’emplois en dehors du tourisme. Nous sommes dans la phase de consolidation du financement nécessaire. Nous avons déjà sécurisé une partie des fonds, mais il en manque encore. Le Ministère de l’Industrie nous apportera une partie du financement, le Cabildo également bien entendu, tout comme le Gouvernement des Canaries et l’Europe aussi. Mais en échange de ces financements, ils vont nous demander de bons projets qui généreront de la richesse et c’est sur quoi nous travaillons maintenant.